vendredi 21 octobre 2016

Mont Blanc à la journée

Récit d'une expérience sur le Mont Blanc le 31 Juillet 2013


Bonjour à tous,
voici la présentation d'une petite épopée de ma jeune existence qui vous permettra, je l'espère, de vous faire rêver, et peut-être vous inspirer.

 

 Historique et inspiration
 

Cette histoire commence très simplement, plusieurs années auparavant, où je me suis dis, tout simplement comme beaucoup de gens "un jour je ferais le Mont Blanc" !
Je crois avoir envisagé plus sérieusement le projet en 2011.
Depuis, de ci de là je ramassais quelques informations et tentais quelques randonnées/courses de plus en plus "osées". Toujours dans le but de vivre ces belles aventures mais avec une arrière pensée d'aller plus haut !
Depuis que j'ai 20ans, je fais de la montagne en solitaire, pour divers raisons.
Ce qui ne m'empêche pas d'en faire avec d'autres non-plus !!
J'ai adopté, sans vraiment le choisir, une marque de fabrique qui est : randonnée à la journée ! Départ le matin, retour le soir !
J'ai commencé par faire quelques randonnées solitaires, en partant d'un point qui m'était commun, comme mon chalet d'ermitage, et atteindre un but... proche de la limite du réalisable pour moi !!
A titre d'exemple :
2400m de D+ sur 40Km en 2010 de mon chalet à La Croix de Belledonne.
3300m D+ 53Km en 2011 du Pont de l'Alpe au Mont Thabor (boucle).
3800m D+ 56Km en 2012 de mon Chalet en Belledonne au Pic de l’Étendard.

 

 Présentation de la course


Pour ce "toit de l'Europe" (occidental), je visais très haut ;-)
Je ne voulais pas payer plus de 80€ pour dormir avec des touristes au Gouter et arriver à 100 personnes au sommet !!
Ni tricher en montant en Tramway à 2400m d'altitude !
J'ai donc opté, comme à mon habitude pour une autonomie 100% (enfin, avec l'aide de Dieu, restons modeste !).
Je suis tombé sur le récit de ces hommes (http://k2nel1.canalblog.com/) à qui je rend hommage ici :-)
J'ai préparé mon topo, mes recherches, ma carte,... bref, j'ai essayé de bien m'organiser et connaitre les choses avant de les rencontrer !

26 Juillet 2013

Comme à mon habitude, j’essaie d'être le plus autonome, responsable et lucide possible.
Je prépare au mieux mon trajet, me documente sur le net. Je prépare, plusieurs mois à l'avance, ma carte spéciale Mont Blanc que voici : 


Elle est imprimée en noir et blanc sur une simple feuille A4.
Je dors dans ma voiture sur le parking et prend le nécessaire pour « survivre »  à 4000 quelques jours en cas de pépins !!
Là, j'avais conscience que je cumulait un nombre de difficultés importants, que je ne connaissait pas mon comportement à plus de 4000m, et que je pouvait être sujet au MAM : Mal Aiguë des Montagnes. J'avais eu un vague mal de tête au Dôme des Ecrins mais comme les UV me donnent la migraine, je ne sais pas s'il s'agissait bien d'un MAM.

Néanmoins, j'ai déjà renoncé plusieurs fois dans de grandes courses d'Alpinisme, donc, n'hésiterais pas non plus cette fois-ci.

Le 25 Juillet 2013, je quitte le Chalet de Montorlin (où je venais de diriger une colonie de vacance) vers 19H30 après un repas constitué de féculents (purée).
Le Soleil me caresse le visage en descendant de Montorlin. Tout est calme, la route large et lise, je progresse vers le haut destin qui m'appelle !
Ma bonne vieille BX diesel de 1991 ronronne doucement !

Quand je suis arrivé vers 21H30 au Parking du Crozat, j'ai été vraiment impressionné par la beauté, la force et la raideur des parois noires du Gouter. Je me suis dit « c'est tellement haut, imposant, surtout quand on sait que le Mont Blanc est 1000mètres plus haut... je ne suis vraiment pas sûr d'y arriver!! ». Là, je prends conscience que c'est un objectif vraiment monstrueux et qu'il est évident que mes chances de réussites ne sont pas à plus de 50%.

Je l'ai même écris à ma sœur le soir même pour la prévenir de ma tentative du lendemain : « … Je suis au Parking du Crozat pour tenter le Mont Blanc, il est monstrueux, je ne pense pas pouvoir atteindre le sommet. Mais je tente ! Je te dis ça dans 36H sinon... Je te laisse discerner ! Je te dis Bisous ! Ton fréro ! »

Je n'ai pas très bien dormi, je ne dors jamais très bien dans une voiture de toutes façons.
Il faisait même un peu trop chaud malgré le frais extérieur.
Vers 1H30 j'ai vu un homme (probablement du parking) partir à la frontale du coté sud du Parking... je me suis demandé où il partait... j'ai compris 16H plus tard !
Réveil à 2H30 et départ à 3H20.






Deux petites tranches de pain à la purée de cacahuète et au miel, lait et jus d'orange.
Vérification rapide du matériel, tout est là. Il fait frisquet dehors.

Je décolle donc de la voiture en prenant plein Est. Je galère un peu dans la végétation pour passer devant les chalets à 200m. Finalement, je tourne un peu sur la droite pour retomber sur le vrai chemin carrossable... Et oui, j'ai pris un chemin de tracteur et pas le chemin normal qui mène aux prés de l'Are. Halàlà !

Cette nuit-là, c'était la pleine Lune (ou très proche) c'était très agréable : à découvert, je pouvais éteindre la frontale. C'était assez magique. 


De nuit, la fatigue est différente, et l’activité, de toutes façon, maintien bien éveillé !

J'aperçois des Chamois en dessous du Nid d'Aigle d'assez près voir très prêt (5/8mètres) et je les photographie dans le noir, mais ça rend assez mal. 


Je me suis trompé plus de deux fois en traversant les ruisseaux/cascades. Le sentier n'est pas évident, encore moins de nuit !!
Mon dénivelé n'a pas été très bon, mais tout le début est de faible dénivelé (traversée du pré de l'Are).
J'arrive au Nid d'Aigle, à 5H06, toujours la nuit noire. Je prend quelques photos et je tète quelques gorgées de lait concentré sucré, bien adapté, finalement, à la randonné, et surtout, aux hautes altitudes (+ de 3500m).



Je repars au bout de 5minutes.
Les premières lumières apparaissent entre le Nid d'Aigle et la Baraque Forestière (quelle forêt ?). Le Gouter se pare de belles couleurs, je prends quelques photos (floues désolé) !






Premiers névés quelques centaines de mètres plus bas que la Baraque Forestière (environs 150m en dénivelé, il a beaucoup neigé cette année là).
Je traverse les quelques plaques de névés devant la Baraque, gelé et craquant. 


Le sentier commence à serpenter entre les rochers jusqu'au glacier de la Tête Rousse. C'est sur cette portion que je croise les premiers êtres humains de la journée, ils redescendent.

Le jour se lève vraiment, c'est fort joli ! C'est un autre paysage ! Une autre ambiance que mes massifs habituels !




Au glacier de la tête Rousse, je continue de longer sur les rocher à gauche (rive droite) en croyant continuer sur le bon sentier, je me suis un peu planté.
J'ai mis un certain temps à m'en rendre compte et dû redescendre d'une trentaine de mètres, chausser mes crampons sur le glacier, et le prendre de travers (pas confortable).
Je longe de loin, le campement de la Tête Rousse et son refuge, devant l'Aiguille de Bionnassay :




J'arrive bientôt au sommet du glacier, je passe sur la petite langue de roche, première fois où je m'aide sérieusement des mains.
Là, maintenant, le Couloir du Goûter : surnommé le Couloir de la Mort !!

J'étais vraiment sur mes gardes. Il me semble avoir entendu des pierres dévaler environs 5/10minutes avant d'y arriver.
Personne aux alentours, d'autres étaient passés environs 10 minutes avant moi, je les voyais monter plus haut dans les rochers.
Il y a environs une quarantaine de mètres enneigé à traverser horizontalement.
Je me suis engagé une première fois, le cœur battant.
Arrivé au milieux, il y a un ruisseau qui passe dans ce mélange de neige et de mauvaise glace.
La pente n'est pas aussi traumatisante que je ne l'avais imaginé, mais la connaissance du nombre de morts en cet endroit n'est pas très rassurante (la proportion elle, en revanche l'est car très faible (2 ou 3 morts pour 30/40 000 passages/ans)).
J’essaie de planter mon petit piolet fabrication maison peu pénétrant (9Cm jusqu’au manche)... pas très efficace. Pas de prise franche dans cette neige, seul mes pieds sont utiles... Je perds quelques secondes à trouver des prises...
Pris d'une certaine pointe d'angoisse/panique, je retourne en « courant » attentivement sur la rive droite du névé.
Je me dis que c'est vraiment trop dangereux. J'ai bien conscience que si les pierres dévalent, elle tendent à se concentrer au milieu, sur le ruisseau. Cette zone est bien plus dangereuse que les bords. Et c'est justement là que j'ai une grosse difficulté à traverser... Misère !
J'écoute, pas de pierres qui tombent...
Je fixe bien mon chapeau sur ma tête (oui, je n'avais qu'un chapeau cette fois-là... halàlà!) et je recommence, le cœur battant.
Au ruisseau, je jette un rapide coup d’œil au dessus, rien. J'enjambe le passage d'eau, je met mon pied à moitié sur la neige/glace/eau rocher : ça semble tenir....pffff.
Je donne une impulsion, je traverse vite... très vite. J'ai même dû agripper mes crampons contre mon pantalon, qui m'ont légèrement déstabilisé mais fort heureusement assez peu.
Ouf, j'ai traversé ! Ça fait plaisir. Je n'en mène pas large !!


En arrivant sur la rive gauche, j'ai grignoté quelques raisins secs... ce qui est n'est pas très adapté...pour moi !



Je filme une petite coulée de pierres quelques minutes plus tard. 




Je monte donc dans les rochers. Il y a des câbles arrimés dans le rocher pour monter au début... C'est pas très rassurant. Mais petit à petit, la pente redeviens plus douce (45°) et les rochers nombreux permettent de se faufiler et de ne pas dévaler en cas de chute.
Tout est assez stable. C'est abrupte mais finalement, ça me conviens assez, j'ai connu pire ! Et puis ici, il y a suffisamment de repères, à la monté pour s’orienter sans se tromper plus que 10 mètres à droite ou à gauche !
Ici, j'avais une sécurité psychologique que je ne connaissais pas vraiment dans mes autres courses : ce sentier était fréquenté, il était sans danger particulier, on voyais l'objectif du refuge du Goûter en contre-haut on pourrais m'aider en cas de problèmes... ça diminue sensiblement la fatigue psychologique ! Vraiment !
J'arrive vers le Goûter, les 50 derniers mètres se relèvent mais de nombreux câbles permettent de se cramponner ou de s'assurer si l'on est équipé.
C'est assez sympa, et j'aime bien utiliser la force des bras !





8H14 Arrivée à l'ancien Refuge Du Gouter, (apparemment encore là parce qu'il pourrait servir pour dépanner...) Le nouveau a été livré en Juin 2013, deux mois avant mon passage.
Départ à 8H36 ??? (je ne comprends pas bien la vidéo!!)
Arrivée au Soleil, ça fait rudement plaisir ! Et la vue deviens sérieusement hors-normes !!



 Petite vidéo :








10H Dôme du Gouter.
Premier passage dans un nuage genre altocumulus... ça craint, on n'y vois pas à plus de 100m. Il y a plusieurs autres cordées qui continuent et j'avais vu, les jours précédents, qu'il y avait des petits moutons qui pouvaient se former, mais qui ne restaient pas au même endroit, généralement, et pas sur une large surface de toutes façons.
Je demande à une cordée de deux si c'est dangereux de continuer avec ce brouillard, il était en train de regarder ses appareils, portable, iphone, GPS je sais pas quoi, il a marmonné un truc (sans me regarder) et est repartit... Pas très chaleureux le gars... Mais bon, je sais bien que quand on n'y est pas trop habité, les efforts soutenus rendent souvent désagréable et irrité dans les relations humaines.
Bref, je continu.

10H35 Refuge Vallot.
Il y a pas mal de vent. Je fais une pause.





10H57 J'abandonne !!
Altitude d'abandon :



La petite vidéo d'explication :






Haha, je re-regarde mes vidéo 7 mois après, c'est très drôle ! J'explique bien la situation !
Je dis que musculairement parlant il n'y a pas de soucis mais qu'à cause du vent froid et de mon manque d'équipement au niveau de la tête, je ne peux continuer.
Je j'ai qu'un chapeau de cow-boy et une écharpe sur la tête, et l'un et l'autre menacent de s’envoler, je suis donc contraint de les tenir, ce qui est fatiguant, déséquilibrant et pas « sûr » !
Surtout lorsqu'on imagine qu'au sommet le vent risque d'être plus fort et plus froid !

Je redescend au refuge Rallot. Je me met dans les rochers derrière le bâtiment, à l’abri du vent.
Par moment, ça sent vraiment les latrines.
Je fais attention où je m'assois et je prend un repas bien sucré. Mais même le snikers n'est pas bon, je ne sais pas, c'est un peu comme manger un truc très gras quand on est malade, c'est un peu dégouttant !!






11H34, j'aborde la redescendente.
Ici, au dessus de l'Aiguille du Gouter, sympa les glaciers !





12H40 Refuge du Gouter. 


Je filme des chocards de près et aperçois deux papillons !




12H53 Départ

Je film des chutes de pierres dans le couloir.





13H57 Passage du couloir. (des Pierres sont tombées 20secondes après moi, je le dis dans une vidéo!!)





Plus d'alpinistes que ce matin, ce qui n'est guère difficile ! La belle Aiguille de Bionnassay au fond.


Petites chutes de neiges/séracs du l'Aiguille de Bionnassay en face.



J'ai pu filmer des chamois sous la Baraque Forestière. Mais aucun mérite, par là, ils sont presque apprivoisés tant ils sont accoutumés aux touristes !!

17H27, retours au parking du Crozat.
Un certain mal aux jambes !!
Je comprends maintenant l'erreur du matin : je n'avais pas vu où étais le vrais chemin, j'avais longé le champ pour partir ...


Retour au chalet de Savoie : je remonte la petite pente raide en marche arrière. J'y vais un peu vite, obligé, pour ne pas caler ou patiner. Et la, une explosion : j'ai arraché un petit bout de pneu sur un angle en béton de regard (pour l'eau je crois). Haaaa non ! Première fois que ça m'arrive.
J'ai mis plus d'une journée à parvenir à dévisser les boulons sérieusement bloqués à cause de la rouille derrière la jante. J'y suis parvenu en les chauffant avec une flamme... j'ai bricolé un truc, et je me suis dis que la dilatation d'un bon 250/300°C puis la rétractation consécutive m'aiderait bien à y arriver ! Ce qui marcha effectivement ! J'ai été assez fier de moi sur ce coup là !!

Bref, échec "relatif" du 26 Juillet ! Mais toutefois un joli 4440m, altitude jamais atteinte auparavant !
Et pour moi, cette expérience est restée l'une des plus extraordinaire, une rencontre avec les éléments, de leur beauté, leur grandeur et une part de mes limites.
L'histoire confirmera que ça valait la peine de recommencer quelques jours après, à plusieurs titres !

31 Juillet 2013

Je me permet donc quelques jours de repos en attendant un créneau météorologue favorable.
A vrai dire, je me demande souvent ce que j'ai fais pendant ces 4 jours, et à chaque fois, j'en arrive à la réponse : rien ! Rien qui me soit resté en mémoire du moins !

Cette fois, le mardi 30 au soir, tout s'annonce bon.
La météo semble très bonne, les hautes pressions s'installent.
Je pars aux alentours de 18H40 de mémoire. Je me dis que ce serait cool de passer par le Barrage de Roselend... sauf que mon GPS à la noix m'a perdu dans la montagne, à des endroits où il n'y a strictement aucuns chemins d'accès qui traverse le massif (au dessus de Aime, coté Baufortain).
J'ai presque perdu 1H et suis donc passé « normalement » par la voie : Moutiers, Alebertville, Megève, St Gervais les Bains).
Pour arriver finalement presque à la même heure, vers 21H30 juste avant la nuit.
Cette fois, on voit que les pluies de ces jours-ci on étés neige au dessus de 3000mètres environs, je me demande ce que va donner la montée sous le Refuge du Gouter.
Mauvaise nuit, normale ! J'ouvre légèrement les fenêtres cette fois, c'est un peu mieux !!

Lever vers 2H30, j'étais réveillé avant la montre !
Départ à 3H15.

C'est fois-ci, c'est la nuit noire ! Pas de Lune donc marche à la lampe uniquement !

En regardant là-haut, en direction du Gouter, je vois une nouvelle constellation que je n'avais jamais vu auparavant : des étoiles formant un trait vertical, légèrement arqué intersectant un autre arc plus horizontal.
Je regarde plus précisément, et au bout de quelques seconde, je prend conscience qu'il s'agit de lampes d'alpinistes montant le long du Gouter pour atteindre le refuge, et l’horizontal, d'autres marchants sur le bord du glacier pour se rendre au Gouter (ou qui partent au sommet!!)
Expérience amusante, car la montagne, noir, ne se dessinait presque pas dans un ciel sans Lune.
Cette observation m'a bien amusé, surtout d'avoir été dupé pendant plus de 10 secondes !!

Aller, montée !
Chose étonnante, je me suis d'avantage trompé à la montée, sous les ruisseaux du Nid D'Aigle !
J'ai bien passé 1 minute sur l'un d'eux !!

Je m’aperçois, en me retournant, 1Km avant le Nid d'Aigle qu'il y a deux lumière qui me suivent, tout en bas du sentier que j'ai pris, dans le pré de l'Are. Quelques minutes plus tard, elles avaient fortement progressées !
Je me suis dis « mais ce n'est pas possibles, ils courent !! »

5H03 arrivée au Nid. Je suis assez constant finalement !!

Je continue à monter, et le jour se lève à peu prêt au même endroit (juste un peu plus haut !!)
Je passe la Baraque Forestière.













 





C'est ici que me rattrapent les coureurs, car s'était bien eux, ces lumière ! L'un, plus jeune et plus svelte, semble mieux s'en tirer que l'autre. En fait, ils ne courent pas tout le temps, et leur pas sont très raccourcis, ils s'aident de bâtons... Toujours est-il qu'ils avancent plus vite que moi !!
Je demande au premier s'il est partit du Crozat, il me dit que oui, (il est Français !! L'honneur est sauf !) Je lui dis que moi aussi, mais plus tôt qu'eux !

Je continue. Cette fois, je suis un peu inquiet on sent plus de vent. Aie !
Le temps s'est clairement rafraichit depuis la première tentative, mais là, je me suis vraiment équipé !

6H30 Tête Rousse.

Le Soleil se lève (s'est déjà levé certes) sur les sommets du massif des Aiguilles Rouges en face du Mont Blanc.
La deuxième fois, j'ai mis mes crampons à la petite cabane en bois, pas loin de mes deux coureurs ( le premier a attendu le second qui a due marcher). Ils ont mis une combinaison spéciale (du genre pour le trail) et ont parlés de sur-pantalons qu'ils mettraient là-haut. J'étais assez choqué par leur faible équipement, leur mini sac à dos... Je me demande comment ils font avec un fort vent à -10°C.
J'ai entendu le premier, celui à qui j'avais parlé dire au deuxième : « oui, il est partit comme nous du Crozat! » J'ai souris ! J'étais à environs un dizaine de mètres plus loin en train de cramponner.

J'ai donc traversé le glacier, par le bons sentier effectué les quelques petites centaines de mètres pour arriver au fatidique couloir du Gouter  : le couloir de la Mort ! 6H51




Dans la deuxième tentative, je suis passé avec moins de « peur » aillant conscience de ma légère surévaluation du danger et de la fréquence de chutes de prière assez prévisible et longue. (Elle mettent généralement une dizaine de secondes à atteindre le passage depuis le haut … c'est suffisant pour faire une demie-traversé dans un sens ou l'autre).
Je n'ai entendu de pierres dévalé ni avant ni après.
Cette fois j'ai mis mon casque ^^.

En arrivant sur la rive gauche, j'ai pris de bonnes lapées de lait concentré !

Le premier « coureur » me re-double  juste après le passage, je lui demande s'il y a du vent en haut, il me dit qu'il ne sait pas vraiment, mais qu'on a bien eu des petites rafales entre la Baraque Forestière et la Tête Rousse. On ne sait pas.
Je lui ai dit que j'avais renoncé pour cette raison il y a 5 jours (en fait, c'est plus un manque d'équipement général!!) Il me dit « alors tu as pris un but ? » Je ne connaissais pas l'expression mais j'ai pu en déduire le sens ! J'ai répondu « oui » !

On fait quelques dizaines de mètres au même rythme, puis je le laisse passer, il me redouble, définitivement !

Je croise quelques personnes qui redescendent, pas mal de jeunes couples (la trentaine). Tous ont des mouvements assez lent, et pardon de le dire, assez gauche pour les dames. Elles semblent plus éprouvées que leurs compagnons.

La neige au sol me fait un peu peur sur le début du sentier au dessus du passage du couloir. J'ai retiré mes crampons et j'avoue que ce n'a pas été prudent.
J'ai poursuivit sans, en me disant à chaque passage un peu exposé qu'il fallait que je les remette.
Finalement on arrive rapidement dans les rochers, et les gros blocs dressées assurent les chutes, du moins les limitent à quelques mètres en cas de "dévissage", donc j'ai pu grimper au Gouter sans cramponner, ce qui est plus agréable pour la marche et les chevilles. (Et les passes d'escalade).

8H08 Refuge du Gouter.
J'ai mis assez longtemps à m'équiper, et bien cette fois!!
Il me semble que je n'ai pas mis les sacs de congélation entre les chaussettes fines et épaisses cette fois !
Là encore, j'ai passé un temps plutôt considérable. Pourtant je n'étais pas vraiment fatigué mais le temps de regarder, admirer, boire, avaler un peu de lait concentré, changer de chaussettes, mettre le vieux sur-vêtement de ma mère (couleurs vive des années 80!!) … ça m'a pris bien vingt minutes !








Ensuite, je suis monté sur la petite bosse de neige 10 mètres au dessus du Refuge et, comme la dernière fois, j'ai pris des photos et admiré le paysage.
Le fond de l'air est bien transparent, c'est un régal pour la vue !













Le fait d'arriver au Soleil, est un vrai bonheur, de plus tout est magnifique !
J'y suis resté bien 10minutes.
C'est à ce moment que l'on commence à croiser quelques personnes. Certains redescendent, plutôt majoritaires, d'autres arrivent. On sent bien que la mentalité est différente de celle des vrais montagnards, plutôt jovial et enclin aux souries. Ici, plus de 70% des personnes ne connaissent pas vraiment la Montagne avec le Cœur si je puis dire et n'ont probablement jamais faites de haute montagne toutes seule !
8H40 (Environs) Départ du Gouter.
C'est parti, sur l'arrête qui surplombe le nouveau refuge du Goûter (ouvert en Juin de cette année) on peut voir quelques tentes à moitiés enterrées dans la neige. La plupart sont occupées. Je croyais que l'on n'avait pas le droit de camper aux abord du refuge... M'enfin, j'imagine que c'est légal parce que ça doit faire du monde par jour qui passe à 5mètres de chez eux !!


C'est dans cette portion, il me semble, que j'ai
commencé à avoir suffisamment de mal de crâne pour mettre mes lunettes bleue (pour chien) sous mon masque de ski. Là, la luminosité devenait correct et je sentais qu'elle était moins agressive, mais le mal est fait pour la journée ^^

En montant, je passe une ou deux petite crevasse bien collées, c'est difficile de voir que ce sont des crevasses, ça peut être traître mais bon, tout en restant vigilant, je fais confiance à mon ange gardien et ma faible masse physique !!

ça y est, je prend de l'âge, je commence à faire des pauses de temps en temps !
Plus sérieusement, si j'arrive à ressentir de façon tangible la moindre pression atmosphérique à partir de 3500m, c'est seulement vers les 4000m que les muscles commencent à le sentir. Mais bon, comme c'est progressif, c'est indéterminable précisément.

9H48 Dôme du Gouter.










Haha, là je ne fais déjà plus que du 400mètres à l'heure de dénivelé !
La vue deviens encore plus extra, un peu plus de hauteur, un champ de vision plus large, ça progresse !!
Il y a la grande pleine « plate » qui finalement, au regard de ce que j'ai fait ne m'a du tout parue longue !!
Je croise un italien (manifestement) très jovial, vers les 50/60ans qui s'approche de moi en souriant/rigolant et saisit mon piolet « home-made » en manche de bois+résine (avec un bout de tôle de 3mm provenant d'un plaque du chalet de Prabert, probablement très vieille !)
Il me demande hilare si c'est moi qui l'ai fait ! Je lui répond en anglais « Yes it is home-made ! I have made it myself! » Ensuite, je crois qu'il m'a demandé si j'allais au sommet, je lui ai dit qui oui ! Il m'a souhaité une bonne continuation et m'a salué avec une petite tape sur l'épaule, toujours hilare !
Ha des vrais gars comme lui, ça fait plaisir !

10H28 Refuge Vallot.

A partir du Dôme, les montées en zigzag dans la neige deviennent un peu plus rude et je commence vraiment à faire des pauses assez fréquentes.
J'expérimente la « faiblesse due à l'effort » qui veut que l'on se fatigue assez vite. On s'arrête quelques secondes ou dizaines de secondes, et on repart « assez facilement ». C'est comme si mes jambes étaient des condensateurs électriques de plus faible capacités qu'en bas !!
Quelques fois, j'insistais en me fixant des objectifs lointains à plus de 100 mètres, et c'était exténuant d'y parvenir. Mais après 20 secondes d'arrêt, on repart normalement. C'est un phénomène très particulier, assez nouveau pour moi que je n'ai bien intellectualisé que plus tard après mon périple !!

En temps normal, je n'aime pas faire des pauses multiples. Mais étrangement, là, j'ai l'impression qu'on va plus vite sur ce mode qu'en marchant lentement. (Parce que même en marchant bien lentement, les muscles demande du repos...)

Je fais une petite pause auprès du refuge.
Il commence à faire vraiment froid à partir de là, surtout avec le vent qui se lève, due à l'exposition de la crête.

Je continue de monter.
J'arrive sur l'arrête des bosses.
Ça devient un peu plus tranchant et ça grimpe plus sérieusement.

Enfin un truc sérieux , voir effrayant même : une petite rimaye juste avant une courte zone « plate ».
Là, il y a un petit bouchon d'alpinistes, et la situation n'est pas très « saine ». On peut dévisser de chaque coté. J'ai bien conscience que je suis un peu fatigué et non-encordé... Cerise sur le gâteau, je n'ai que mon petit piolet en bois+fibre de verre (comme manche) assez court. Là, franchement, j'ai mesuré à quel point c'était léger. La neige est hors-fonte quasiment tout le temps, donc en surface, que de la neige fraiche, et assez poudreuse. Donc il aurait fallut un long piolet à planter par le manche pour plus de sécurité...

Je n'ai pas eu de remarques des autres grimpeurs mais à leur place, je pense que j'aurais pensé quelque chose du genre « encore un jeune (idiot) peu conscient des dangers...! »

C'est ça que j'aime bien, chez les vrais alpinistes, souvent, ils respectent tes choix et tes méthodes. Même si elles sont un peu farfelues.
Je ne sais pas encore pourquoi ! Ce sont peut-être simplement des aventuriers dans l'âme qui se confrontent souvent aux limites, et donc qui doivent facilement accepter que d'autres les apprennent librement... Je ne sais pas. Où bien, chercheurs de libertés et de grands espaces ; eux-même n'affectionnent peut-être pas les directives et se gardent d'en donner. A étudier !

Je prend des photos juste après le passage de la mini-rimaye, sur une zone plate. Je croise (ou re-croise il me semble) le Suisse qui me demande de le prendre en photo. Il me propose de me prendre aussi, je refuse en lui expliquant que j'attends le sommet pour les faire !!
Il me demande si je suis tout seul, je lui dit que oui, il me dit que lui aussi !
En définitive, il y a presque 25% de personnes qui semblent être seules.
Ledit Suisse :

Et ma Grande Casse à droite derrière le Mont Pourri ?? Où j'ai pris un but quelques jours auparavant avec mes ados et notre guide Norbert.


Ensuite, je passe devant.
Je continue à monter sur le fil, qui ne me rassure pas particulièrement, mais qui n'est pas non-plus excessivement exposé.

Je commence à croiser beaucoup de cordées qui font des pauses tous les 20m.
Je n'en mène pas large non-plus.
J'avais l'impression d'être en meilleure forme, après plus de 3000m de dénivelé, que 80% des gens qui étaient partis du refuge du gouter... Et je ne me souviens pas m'être fait doublé sur cette portion de faits.

Là je me suis dit, que je ne pensais pas faire plus haut un jour, que j'étais vraiment musculairement séché.
J'exprime cette fatigue sur une vidéo, j'ai l'air pas mal claqué en approchant du sommet !
C'était le cas, mais pourtant, assez peu dans ma mémoire, finalement, à cause du principe que : lorsque je devais faire une pause, j'étais vraiment fatigué, presque épuisé, mais après un repos, j'étais dans un état de fatigue modéré, comme vers la fin d'une bonne marche en moyenne montagne. La sensation de fatigue est très différente, puisqu'elle s'atténue très vite aux pauses.
Pour aller plus haut que le Mont Blanc, il faut que la psychologie mais surtout le corps s'y habitue. Et pour ça, il faudrait que je dorme quelques temps à plus de 5000m.
J'espère que je pourrais un jour !

Je film un chocard (oiseau proche du corbeau) à quelques centaines de mètres du sommet. C'est quand même incroyable que ces bestioles montent si haut... elles sont aussi folles que moi ^^
En tout cas ça m'a fait fort plaisir de voir cette bête de près, la première depuis les chamois en dessous du Nid d'Aigle.


Ambiance sur la crête vers le sommet :


Parce que mine de rien, d'un côté, vous pouvez glisser en France, sur 4000m de descente vers Chamonix, de l'autre, c'est la même hauteur vers l'Italie !!  C'est assez impressionnant, mais pas non-plus aussi extrême que je l'avais imaginé ! Il faut bien accrocher son cœur et rester vigilant à toute forme de déséquilibre (rafale de vent, crampons...).




12H24 Sommet !!!
Alors là : trompette !!
Je me suis filmé, permis un petit cris de victoire ! (qui n'a d'ailleurs interpellé personne!)


Coté Italien, avec la vallée d'Aost :



Vers la Savoie et ses magnifiques sommets !


Direction Bourg St Maurice, à gauche, le Mont Pourri, puis Grande Casse, glaciers de Vanoise, au fond les Écrins, et la tâche blanche à droite au fond, les Grandes Rousses. (Juste à sa droite, en dessous, Ma Belledonne je suppose, en deux partie mais je n'ai de certitudes !)




 Au fond, on devine le plateau du Massif Central, derrière la brume. Mes montagnes, anciennement largement plus haute que les petites Alpes... Il y a 300 millions d'années !!
(6000 à 7000m de haut selon les estimations !)
Je suis né trop tard que voulez-vous !




Chamonix et l'Aiguille du Midi ! C'est tellement extra d'être aussi haut ! 

Mont Rose à droite (si je ne me trompe).










Et là, très franchement... après quelques dizaines de seconde il me semble... je me suis mis à pleurer, mais vraiment ! Pleurer à cause de la beauté, à cause de la reconnaissance que j'avais au Créateur d'avoir fait tout cela ajouté au fait de m'avoir donné le physique pour y arriver tout seul !

J'étais fondamentalement ému !! Jamais je n'avais réellement eu de larmes de beauté ! Jamais !
Beauté et reconnaissance à vrai dire ! J'étais remplit de reconnaissance.

C'était vraiment magnifique, merveilleux, beau, monstrueux, invraisemblable !

J'étais vraiment reconnaissant à la force Créatrice Divine, et à tous ses ouvriers d'avoir réalisé cet ouvrage à perte de vue avec autant de dextérité et de vaillante démesure, et dans le même temps de pouvoir en profiter.
Je voyais vraiment loiiiiiin !! Toutes mes belles montagnes, la plupart des Massifs français, mon Massif central ainsi que la Vallée de Chamonix, 4000m plus bas..... Holàlà !

Près de 20 minutes après mois (j'ai regardé ma montre) est arrivé le jeune Suisse.
Nous nous sommes respectivement pris en photos avec nos appareils, afin d’immortaliser notre victoire. Ensuite, (je ne sais plus si c'est à ce moment-là, sur les Bosses ou sur le Dôme du Gouter (mais il me semble bien que c'était là)) il me demande quel âge j'ai. Je lui répond 25ans. Il me répond, dans un anglais un peu meilleur que moi qu'il a « tree years more than you » donc 28 ans à priori !
Il me demande d’où je suis partis, je lui explique du parking, en bas, que j'ai tout monté depuis ce matin. Il fait quelques éloges sur la performance et me dit qu'il n'aurait pas le physique pour faire ça !

Le vent était fort, mais pas très constant, en redescendant d'un seul mètre, on en était déjà bien abrité étrangement !

Il n'y avait pas énormément de personnes tout en haut. Peut être une dizaine ou quinzaine, je ne sais pas, on les vois sur les photos.
Il me semble que c'est le premier sommet que je fais avec autant de gens... Non en fait, en colo, j'ai bien mené l'ensemble d'une colonie de vacance en 2012 au sommet d'une "petite montagne herbeuse" culminant à 2325mètres ! Mais c'était un pâturage plus soft qu'ici !!

Détail : lorsque le Suisse m'a demandé de le prendre en photo,  je me suis bien naturellement exécuté, en ai pris quelques-une, puis on les a vérifié. Ensuite il m'a demandé d'en re-prendre, et j'ai dis que je ne pouvais pas, j'avais trop froid aux doigts, dans quelques secondes j'allais re-pouvoir ! Il avait un I-phone, et les touches sont tactile sur l'écran !! Une vraie misère par cette température et ce vent violent !

Il avait amené un tissu, (ou une pancarte) avec une inscription dont je n'ai pas fait l'effort de me souvenir, mais c'était peu-être le nom d'une fille...

J'avais pensé à amener un drapeau, mais j'ai oublié, et puis de toutes façons, ça n'avait rien de fort original !


Je commençais à avoir un mal de crâne très semblable à ma classique réaction d'exposition de mes rétines aux ultras-violets : quand je prend des UV pendant un certain temps dehors, ou en soudant, j'ai un mal de tête qui naît au fond du crane, et là, je commençais à le ressentir assez bien. Mais à la réflexion, ajouté au fait qu'il s'est presque évanouit en repassant en dessous des 2500, je pense que c'était principalement la conséquence du Mal Aigu des Montagnes.

Au bout d'une trentaine de minutes, (à vérifier) j'ai commencé à me préparer à redescendre.
12H52 (d'après la vidéo)
Le Suisse m'a dit qu'il restait ! Moi je commençais à avoir vraiment froids, et j'étais là depuis une vingtaine de minutes de plus que lui.

J'étais très heureux, satisfait mais en outre physiquement bien refroidit aussi !!
C'est surtout le froid (dû au vent) qui m'a motivé à ne pas trop m'attarder. Sinon, il est clair que j'y serais bien resté un bon moment !
Et bien, c'est partit pour la redescente !

J'avais peur d'avoir un peu le vertige avec les pentes raide de l'arrête des Bosses, mais en se concentrant sur le sentier de neige fraîche, je n'ai pas eu de problèmes. J’essayais de bien prendre garde à ne pas m'accrocher les crampons dans mon sur-vêtement pour le pas trébucher !!
Je gardais une attention et une tension musculaire pour réagir vite en cas de dévissage : plantage du piolet, et pointage des crampons. La simulation mentale permet de préparer les mouvements dans sa tête et de se prémunir radicalement d'une situation mortelle.

Je ne peux pas dire que j'étais du même aplomb sur mes jambes qu'en partant le matin même tranquilou de la BX mais je n'étais pas encore « mou ».
Je n'ai pas eu trop de difficultés comme à la monté pour le passage de la mini-rimaye abrupte. (Mais l'un des points les plus dangereux du parcours à mon sens.)

Je gardais une vigilance "élevée" parce que j'avais lu que la plupart des accidents de montagne, dans ces conditions, se déroulent à la redescente : fatigue + ivresse de la réussite, + confiance dans le parcours, moins d'anticipation des dangers éventuels...

Après, la descente reste peu fatigante, elle tire sur les muscles. J'essaie de courir de temps à autres, mais avec la neige, les crampons, les trous des pas de mes prédécesseurs, c'est pas facile du tout... J'abandonnais vite au bout de 20 à 30 mètres à chaque fois.
(En fait, l'aspect de surface, de façon général, dépend de l'enneigement, de la récence de la dernière poudre ainsi que du vent).

13H10, vidéo au dessus du refuge Vallot.



Il me semble que j'ai mangé derrière le Refuge Vallot, comme la première fois, juste à coté des latrines, d'où la douce odeur par moments !! Je regarde Chamonix tout en bas... petite ville déjà à 1000mètres d'altitude !

J'ai poursuivis ensuite ma descente, coupant souvent les lacets de la trace commune des alpinistes. C'est dommage de faire une telle descente, plutôt douce, à pieds ! En luge ou en ski, elle serait plutôt sympa à envisager !
J'essaierais de voir pour une fois prochaine ! Parce qu'à partir du Refuge Vallot, il y a vraiment moyen de glisser longuement plusieurs Km !


Je repasse la plaine du Gouter, puis sa mini-rimaye juste après le Dôme (elle doit dépendre des années), puis la descente jusqu'au refuge du Gouter entre quelques Rimayes bien faciles à repérer.
Petite photos de bloc sur ma gauche, c'est tellement beau de contempler une nature en été à côté de majestueux Glaciers !


 Petite idée du décors et du contraste Ciel sur neige !



En cas de mauvais temps, j'imagine qu'avec ces bosses, ces formes arrondies, il est possible de se perdre 100 fois dans une tempête ou tout simplement dans un nuage, sans visibilité !
Et descendre sur les côtés doit être dramatique... (J'ai déjà expérimenté que cheminer sur de grandes formes arrondies, quelque soit le point, donne l'impression de descendre sur le sommet de l'arrête... Et l'on peut se perdre totalement en croyant marcher sur le haut du fil !).

La température à la descente est plus clémente. Le Soleil est plus haut, la réverbération plus intense, et je pense l'air aussi.
Je me déshabille après le passage du Dôme : j’enlève une ou deux épaisseurs, je me rappelle être en polaire bleu marine, donc avoir retiré le survêtement et le polaire multicolore.
(D'ailleurs, les épaisseurs multiple de polaire synthétique c'est ce qui va le mieux je pense : léger, modulable, « peu volumineux » par rapport à une veste. Et emprisonnement d'air entre deux épaisseur → plus grande résistance thermique. Après, pour la transpiration, c'est pas forcément saint ^^).

Je repasse devant les « campeurs du dimanche » avec leur tente enfoncée dans la neige et leur réchaud. En fait, je me demande, maintenant s'ils ne vendaient pas des trucs, boissons ou location de places pour la nuit...

Arrivé au refuge, je casse la suite de la graine et j'enlève encore une épaisseur, (ou je change mon t-shirt mouillé, je ne sais plus...) Je me rappelle avoir mangé une pomme.
La première fois, je me rappelle avoir donné des bouts de pain (?) à des chocars qui volaient super bien juste en dessous, dans le couloir direction Aiguille de Bionnassay. Ces animaux sont vraiment les rois du pilotage et de l'exploitation des courants aériens ! Ils me font rêver !

Cette fois, c'est un papillon que j'ai vu virevolter joyeusement au dessus de la rambarde puis partir direction Chamonix ! J'étais impressionné ! Certes, ces surfaces métalliques doivent l'attirer par leur brillance, mais à cette hauteur-là... ça m'a de nouveau fait pousser des expression d'étonnement admiratif ! La vie en haute altitude, c'est toujours stupéfiante !

J'ai croisé un cameraman qui faisait des séquences autour du démantèlement de l'ancien refuge et du nouveau. Il était venu avec une équipe qui travaillait sur les refuge (si ma mémoire est bonne !).
Je ne me souviens plus s'il est monté à pied ou en hélicoptère mais il était en tout cas équipé de vraies chaussures d'alpinisme.

Il m'a demandé si j'allais rester là, (je mangeais ma pomme), je lui ai dis que oui, mais que j'allais redescendre. Il m'a dit que c'était juste pour quelques minutes, il devait laisser sa caméra ici, et me conviait à la surveiller. J'ai acquiescé naturellement.
Il est revenu quelques minutes plus tard. Il me semble lui avoir dit : « personne n'y a touché sauf un papillon qui s'est posé dessus !!» « Ha ça va alors!! »
Quelques minutes plus tard, je vois des blocs de glace se détacher et commencer leur descente sous le sommet de l'Aiguille de Bionnassay. Il était tourné vers moi, je lui dis « vite, regardez, une chute de séracs !!! »
J'ai sortis ma petite caméra, lui a allumé la sienne, sur son beau trépied, déjà dans la bonne direction. Il en a eu une plus grande séquence que moi. Moi j'ai la dernière partie.
Ce fut une belle coulée , assez intéressante, et du moins exceptionnelle pour ma part !





Je remet mon sac à dos pour m'engager à la redescente. Il me reste encore pas mal de dénivelé et de descente mais ça ne m’angoisse pas du tout, j'ai fais le plus dur !! Je suis fière ! Je suis vainqueur !
Bon, je commence à ressentir assez bien le mal de tête (UV + MAM). J'ai bien pris soin d’empiler deux lunettes de soleils (lunettes + masque ) je pense que l'essentiel est dû à l'altitude.

(Je suis atypique, je n'ai jamais entendu personne connaître le type de désagrément d'un mal de tête dû aux UV !)

Je recroise le jeune suisse. Je lui dis un petit mot de circonstance du type  : « Hey are you OK ? »
Je fais le tour de la passerelle pour redescendre, tout en échangeant quelques mots avec le cameraman. Je vois le suisse qui continue la passerelle de ceinture et qui sort direction Chamonix.
Je l'interpelle : « Do you come back at the tramway » ???
- Yes
- You are not on the right way !! You should going there (vers la sortie Ouest direction St Gervais)
- You are sure ?
Bref, on a échangé quelques phrases, où le suisse semblait un peu perdu, (et pas mal!!) pour lui expliquer qu'il fallait redescendre vers la gare. Et en plus, il m'a écouté direct, il n'a pas cherché à comprendre.
Oulààà,  je me suis dis en moi-même que ce pauvre gars n'était pas dans une lucidité suffisamment saine pour faire de la haute montagne tout seul.
Ensuite, je lui dis :
- Heu, your crampons ?
- What ?
J'ai mis un certain temps à me faire comprendre pour lui demander où étaient ses crampons.
Il me répond quelque chose : « I have lost them in the snow »
Ok, le type les a perdu dans le glacier. Plus haut.
Je lui dis : « have you an idea where ? »
- No, thomething … (il fait un grand geste circulaire... d'accord!!)
Je le regarde s’asseoir sur un bloc lisse et se laisser glisser tant bien que mal, en se mouvant maladroitement sur les rochers glissant tout en attrapant le câble d'acier. Je suis un peu honteux de le laisser là, mais je ne veux pas lui prêter/donner mes crampons. Je culpabilise légèrement mais c'est un peu le principe de la montagne : autonomie et responsabilité.
Je suis assez surpris de ne pas m'être plus attardé sur ce cas de conscience parce que mine de rien, ce mec a due traverser le couloir de la mort en chaussure haute montagne. J'espère qu'il s'est longé sur le câble...

Bref, je descend après lui et lui propose de le doubler parce que je vais nettement plus vite que lui.
Je ne l'ai ensuite jamais revu. Et j'espère vraiment qu'il n'a pas eu de soucis. C'était un jeune, plutôt du genre intellectuel, ou du moins un jeune cadre ou fin ébéniste. Bref, le voir dans cet état de difficulté m'avait un peu alerté, mais je n'avais aucune autorité en la matière, ni connaissance de ses ressources propres. En tout cas, si ça avait été mon fils, je l'aurais solidement attaché à moi, et aurais passé la descente en me préparant à ce qu'il glisse à chaque instant.


Aujourd'hui 2017, plusieurs années après, avec le recule. je l'aurais raisonné, je lui aurais dit de s'assoir, de réfléchir. je serais retourné voir le cameraman et lui aurait demandé s'il connaissait un médecin ou équivalent dans le coin, susceptible de passer pour examiner l'état du Suisse, ou lui aurait simplement demandé conseil et lui aurait expliqué la situation... A ma connaissance, il n'y a pas eu d'accident grave ce jour là, j'en suis ravi parce que... Mon suisse aurait été prioritaire dans les personnes potentielles !
Je descend assez calment dans les rochers.  La récente neige est devenue soupe aux parties ensoleillées.
Je finis par enlever mon pantalon-survêtement des années 80 qui commence à me tenir vraiment chaud !!
Je descend sur le flanc du Gouter sur la gauche de « l'arrête », en partie pour éviter les cordées qui montent, descendent, qui mettent trois plombes et qui ne facilitent pas toujours le passage lors des croisements. (Et qui ne répondent pas toujours à mes « bonjours » tonnerre de Zeus !!)
C'était un peu du n'importe quoi des fois mais il y a pas mal de sentiers minuscules qui se recoupent. Moins de gros rochers, plus de petites pierres qui glisses, mais rien de bien dangereux.
Je déchausse mes crampons qui tirent plus les chevilles que ne m'aident à gripper.
Plusieurs personnes qui descendent se mettent à me suivre ! Lol !

Je me souviens, avoir entendu un départ de pierre vers le haut, je crie donc, d'une voie la plus forte possible "Attention" à l'attention des alpinistes plus bas. Et pour ma confusion, la neige les a absorbée sur quelques dizaines de mètres... Du coup, je ne sais pas trop ce qu'ont pensés les gens un peu plus bas ! Par la suite, j'ai essayé de prendre quelques secondes de plus pour discerner si les pierres engendraient une réaction en chaine ou pas !!

Je finis par arriver au couloir.


Halàlà,  maintenant, c'est la file d'attente. Il n'y a pas trop de monde mais ils mettent tellement de TEMPS !! 

Dans un sens plus l'autre, même 15 personnes ça prends près vite un quart d'heure.
Là j'ai pris conscience que certains sont dénué du sens du danger et de la montagne. Je revois ces « minettes » qui avance tout doucement, mettent des petits coups de piolets là où elle pourraient marcher bien droite ne regardent pas une seule fois en amont contrôler les chûtes de pierres potentielles et mettent un temps dingue à passer le ruisseau au milieu du couloir en multipliant les risques de façon inutile.
Bref, certains ont du palper une certaine impatience de ma part, et une cordée m'a laissé passer, elle n'y a pas perdu au change, j'ai simplement traversé, même un peu trop vite, l'un de mes crampons s'est accroché à la base de mon pantalon et m'a déséquilibré ponctuellement.
Je fais quelques dizaines de mètres, je retire mes crampons. Je vois de plus en plus de « touristes » des jeunes gens que l'on trouve habituellement en station de ski Alpin.
Je mange à nouveau un petit bout. Il commence à faire soif et je me met à boire d'avantage qu'à la montée !
Je traverse le glacier mi courant, mi marchant dans cette soupe blanche !
Il fait assez chaud mine de rien !!
J'arrive au petit cabanon, rive droite du glacier pour retirer mes crampons définitivement.
J'entends parler deux jeunes français. Des summiters qui redescendaient pour atteindre la gare avant le dernier départ !!
Je les écoute quelques temps.
L'un : « Et tu crois que le Tramway nous attendra ? »
L'autre : « je ne sais pas... je crois pas »
« en tout cas, 35€ ça fait quand même bien cher » (prix à vérifier, mais dans ces eaux-là 33 d'après le net)
« Oui, c'est sûr »
Et moi, en moi-même, « mais qu'est-ce que je suis content d'être indépendant et libre de ces aspects financiers et organisationnels !! »
Je les écoute poursuivre leur discussion tout en changeant mes grosses chaussettes à peine humide
Ils parlaient d'eau depuis quelques temps.
Je me tourne vers eux puis leur dit :
- Je vous donnerais bien de mon eau mais comme je redescend au hameau à pied, j'en aurais plus besoin que vous !!
- Au hameau, dans la vallée ?
-Moi : De Bionnassay, à 1400m
- Ha oui, on te comprends !
- Tu viens d’où ?
- D'Ardèche. Et vous ?
- De …(je sais plus) c'est dans l'Ain (c'était à la limite Ain-Isère il me semble, il faudra leur demander!!)
(Quelques échanges de plus)
- Au sommet, on a parlé avec un gars a fait la monté en 6H !!!
- Ha oui ? Il n'était pas vêtu d'un mini sac à dos et d'un survêtement synthétique un peu vert( je crois) ?
- Ha oui, ça doit être lui !!
- Je l'ai croisé deux fois ce matin, il est partit du même endroit que moi, à Bionnassay ! Il m'a doublé un peu plus bas, puis il m'a re-doublé au passage du Gouter.
Finalement, il n'a mis que 3H de moins que moi, alors qu'il semblait courir hyper bien en montagne !!
Moi «  et vous devriez vous dépêcher en effet de partir maintenant parce que ça se fait très bien en (??) heure et quelques, mais il ne faudra pas traîner ».
(Pour la petite histoire, je crois qu'ils l'ont ratés, je suis arrivé en même temps que le tramway en courant en partie).
Je repars et commence les lacets dans les rochers. Je cours quelques-fois, mais pas bien longtemps, le sac est encore un peu lourd et mes jambes un peu fourbue tout de même.
Je me rappelle avoir suivit une dame (fausse blonde) et deux hommes qui parlaient de choses et d'autres à pleine voie, dont le contenu n'a pas vraiment attiré mon attention !
J'ai d'avantage pu trotter en arrivant en bas, dans le col situé dans le « désert de la tête Rousse » avant la Baraque Forestière.




Quelques petites plaques de névés dans le coin. Il me semble même avoir contourné des chamois à quelques décamètres, peu effarouchés.
Passage devant la Baraque Forestière. Puis descente sur le bord d'un névé en pente, avec quelques passages où l'on doit y marcher dessus. Le sentier est poussiéreux en cette chaude après-midi.
La forte exposition à la lumière solaire, malgré mon empilement de lunettes me fait bien mal à la tête. Chaque petit saut ou pas de course donne des petits coups au cerveau. Mais bon, la douleur n'est pas insoutenable.
Je me souviens suivre un groupe de jeunes hommes, (plus jeunes que moi) qui descendaient vite.
Puis je me mis à trotter un peu. En descente, c'est assez naturel pour moi, sauf le sac de 12Kg qui tire bien pour ma petite morphologie.
Je les double. Puis, quelques centaines de mètres plus loin, je vois des chamois, non-loin du sentier. Je m'arrête pour les photographier. Je vois qu'il y a des jeunes, petits, dont la démarche est attendrissante ! Je prend les photos que l'on peut voir. Certaines, avec le dernier plan sur les collines en bas sont plutôt réussies.




















 





Le groupe de jeunes me redouble, eux ne s'arrêtent pas vraiment pour observer ces caprins.
Je continue à descendre pour arriver bientôt à la gare du Nid d'Aigle et son tramway à crémaillère.
Je suis quelques dizaines de mètres plus haut lors-qu’arrive le dernier wagon de la journée. Je l'ai même filmé. Il est arrivé à 18H50 ?? (c'est l'horaire de 2015 et ça semble correspondre avec ce que je dis sur la vidéo : 19H... c'est étonnant, ça veut dire que je n'ai mis qu'une heure dix pour redescendre au parking (avec les pauses!).



Je descend vers la gare, je passe devant le tramway puis je saute le petit muret pour me rendre sur le sentier qui descend au hameau de Bionnassay. Une fois le petit virage passé, plus de touristes nulle part, retour au calme du matin... enfin presque, un chamois se tient sur le chemin, me barrant la route !!! Cette fois je le filme ! (mais quelle idée, je ne l'ai même pas filmé jusqu'à ce qu'il s'en aille!! Pourtant le plan était super avec le lac de fonte au loin!!!).





Je redescend les lacets, assez tranquillement. Je tire un petit compte rendu sur un des films à mi-chemin de cette descente. Plutôt descriptive, un brin philosophique.
C'était vraiment une belle journée, le beau Soleil retrouvant une incidence humaine et agréable, quand à la végétation : le vert était encore très éclatant après un hiver très enneigé.
Malgré le parcours, je n'ai quasiment pas de douleurs aux jambes, j'en suis fort aise et reconnaissant.


Je crois avoir doublé un groupe de quelques personnes un peu après les peintures larges sur un rocher à droite du sentier dont je ne me rappel plus l'usage ( si tant est que je l'ai saisis!!)
Arrivée au pré de l'Are. 







Un peu de plat, quelques vaches au loin, sur la droite. Je film même ces vaches (pour mon père comme dit dans la vidéo !!) .


Je continue pour quitter le pré et me retrouver dans les sous-bois. Un nouveau charme ! Quelle diversité !
Après quelques centaines de mètres, je croise une dame, seule (une quarantaine d'année, et pardon si jamais je me trompe de 10ans ^^). Il me semble qu'elle était assise sur un rocher/tronc à droite du sentier. Je lui dis bonjour. Je crois l'avoir dépassé un peu lorsqu'elle me lance un :
« Il y a de la neige ? »
- Heu non, enfin, pas dans le coin.
« Je vois que vous avez des crampons » car ils pendaient simplement de la fermeture de mon sac.
- Ha oui ! Je reviens du Mont Blanc !
« Vous avez fait le Mont Blanc ? Tout seul ? »
- Oui, je l'ai fait à la journée !
« Mais vous avez fait une grande marche alors ? »
- Effectivement, ça commence un peu à faire !
« Mais, on ne dit pas qu'il ne faut pas le faire tout seul ? »
J'ai eu un haussement d'épaules tout en disant quelque chose comme :
- C'est ce qu'on dit !
« Mais vous êtes là ! En effet vous pouvez dire que vous, vous l'avez fait ! » (je ne suis plus sûr du contenu de la deuxième partie de cette phrase mais il m'a semblé qu'elle a finit en rigolant légèrement !)
Nous avons échangé d'autres phrases dont je ne me rappelle plus le sujet, mais sans grande importance à priori !! Elle m'a demandé si le pont au dessus du torrent du glacier était praticable :
- Je l'ai vu, en effet en descendant, il a l'air très haut et impressionnant, il ne semble pas avoir de problèmes en tout cas.
Et nous nous sommes salués. J'ai repris le chemin descendant entre les arbres.
Le dernier sentier carrossable en terre battue m'a paru assez long à vrai dire, mais j'ai essayé de profiter des rayons du Soleil qui passaient par ci, par là, et des petits prés à bestiaux avec leur herbe grasse et verdoyante.
J'avais, malgré une certaine fatigue titillante, un vrai sourire de victoire, si ce n'est aux lèvre, pour le moins au cœur !

Arrivé dans les racines du parking, je film mon retour à ma chère voiture BX Break !!





J'ouvre ma traditionnelle bouteille de coca cola sans caféine, je m'assois : le repos du guerrier.
 

Une pensée récurrente qui pétille en moi : je l'ai fait !
Comme une victoire tant attendue depuis plusieurs années, et comme le rêve inconscient du tout petit garçon qui apprend que le Mont Blanc est la plus haute et belle montagne de son Pays et de tous les pays environnants !
Fort heureux d'avoir pu ajouter la partie « mérite » et « esthétique végétale » à cette ascension que peu, très peu de personnes connaîtront un jour sous cette forme d'aventure complète en soit !

Photo depuis le hameau de Bionnassay au retour.



Je redescend de quelques centaines de mètres, en voiture, pour me rendre au sein du hameau et appeler mes parents ! Devant l'Aiguille de Bionnassay, je leur fait part de mon exploit !
Ils sont un peu surpris, mais content, ils me félicitent !! J'avoue être plutôt fier et heureux !!
Redescente par la petite route, qui me rappelle les bonnes petites routes sinueuses en pente de notre bord de Massif Central ! Je me souviens m'être fait un peu peur en croisant une estafette de club (genre marche, vélo, parapente... lié aux sports en général), nous arrivions plutôt vite l'un et l'autre, mais nous avons décélérés suffisamment court, et le jeune qui la conduisait a gardé le sourire !


Je redescend à St Gervais les Bains. Je continue sur Megève ou je mène cette réflexion en moi : « holàlà, un village si riche, avec pleins de voitures décapotables, un prix de immobilier égale à Paris (10K€/m²) qui possède une route tellement jonchée de trous dans la route, c'est inconcevable. Même nous, dans notre petit village paumé dans les vallons granitiques, dans notre hameau reculé, la qualité d'entretiens du bitume est sans commune mesure ! »
Ensuite, Albertville, Moutiers, Bellentre, puis mon grand petit chalet !
 
Vint enfin le paisible retour au calme, bien agréable laissant de multiples souvenirs pour la vie !
Un petit repas à 22H30, douche, puis repos bien mérité !!!
 

Une vraie grosse journée !

Cher lecteur, sachez que je serais ravi de trouver le contact des quelques personnes que j'ai croisé, je serais heureux de leur échanger un petit message jovial ! C'est peut-être étrange mais si jamais la vie le permet, j'aimerais bien les saluer ! Tout simplement ! Ces conditions d'exceptions créent aussi, je pense certains liens, moins anodins que d’ordinaire !.
Alors :
-> le Suisse, probablement né en 1985 ou 1984. (Et je ne suis sûr qu'à 80% qu'il était Suisse !)
-> Les coureurs, les traileurs qui sont montés en 6H depuis le Crozat, surtout le plus jeune avec qui j'ai échangé... Il doit être né dans les années 1982-1987. Français, francophone du moins.
-> L'Italien jovial du dôme du Gouter ! Environs 1950-1965.
-> Le sympathique Cameraman qui a filmé la chute de séracs grâce à moi ;-)
-> Les deux jeunes Isérois qui ont râtés leur Tramay ? (ou pas ??) Genre 1989-1993.
-> La dame assise sur la souche près du pré de l'Are (désolé si je vous vieillit !!) environs 1966-1978

 



En conclusion de cette formidable aventure je dirais seulement trois mots :
Beau, Grand et Vrai !